mercredi 1 décembre 2010

Contre l'idiome bâtard


L'honnête homme, sans perdre une minute, se précipitera sur le Monde Diplomatique de ce mois de décembre. Il y trouvera à la page 27 un article épatant de Gaston Pellet intitulé "Les élites sacrifient la langue française". Ce que nous, amiral de France, nous égosillons à hurler partout, tout le temps, mais en mieux dit.

Chopin le viril


"(...) Il faut être un snob recuit ou un organiste hongre (...) pour ne pas mettre Chopin dans la plus grande famille. Il a résisté à tout, aux institutrices de pensionnats, aux fausses notes de petites filles dans les quartiers aisés, aux quadragénaires adultères qui en repaissent leurs ardeurs dans les mélos de feu Bataille. Que la phtisie trop romantique et les feuilletons ne vous empêchent surtout pas d'aimer Chopin. Il est délicat, il est gracieux. Mais n'oubliez jamais qu'il est viril aussi. Pensez aux mazurkas, les taches rouges et blanches des courtes jupes qui volent, les menus pieds de jeunes filles qui frappent la cadence dans les petites bottes, et ces cambrures sur lesquelles on voudrait passer la main. Rien de plus féminin. Et pourtant cela est bien vu par un homme. C'est entendu, il y a des bacilles de Koch dans son art. Mais ils ont mis la suprême touche à son génie. Et quel pur classique ! Tous les Latins sont des bavards auprès de ce Lorrain né dans les steppes. Ses idées sont d'autant plus ravissantes qu'il n'y insiste jamais. Elles passent comme d'adorables femmes qu'on ne reverra pas. Il faudrait interdire qu'on jouât Chopin pendant vingt années, pour qu'on pût rêver à lui, et le retrouver avec un coeur tout neuf. Ce serait une pensée digne de ce maître de tous les raffinements."


Lucien Rebatet, Les deux Étendards, Gallimard, 1951, p. 354

samedi 27 novembre 2010

On n'est pas sérieux ...


" (...) Peut-être avait-il en poche le passeport redoutable pour "la patrie de l'ombre et des tourbillons". On a été un garçon pareil à tant d'autres, qui a lu Hugo, Lamartine, Baudelaire. On a aimé, rêvé beaucoup, veillé davantage encore, en s'écoutant vivre, on s'est éloigné pas à pas du monde familier, quiet, cloisonné, raisonnable, et un jour on a franchi les limites invisibles de ce monde. On s'enterre dans un taudis de la rue Vivienne, on se noie de café, d'absinthe. Toute vertu est une amarre qu'il faut couper. On ne sait pas qu'on a reçu l'ordre de se tuer, mais on l'exécute, en écrivant Maldoror ou la Saison en Enfer. On meurt à vingt-trois ans, votre cadavre est découvert dans une chambre sale par la concièrge qui seule savait votre nom : Lautréamont."


Lucien Rebatet, Les deux Etendards, Gallimard, 1951, p. 196

mercredi 17 novembre 2010

Jean-Claude Michéa (II)











André Gide la couille molle


" (...) En passant à Lyon, pour les vacances de Pâques, chez Flammarion, j'ai vu un article d'un zèbre qu'on ne connaît pas , un nommé André Gide. Je ne sais pas pourquoi j'ai lu ça. J'avais aperçu le nom de Baudelaire dedans. Le type dit : "Quand j'étais encore enfant, et que j'ai compris que je ne ressemblais pas aux autres, j'ai pleuré désespérément." Eh bien, ce type est une couille molle. Moi aussi, j'ai compris la même chose que lui. Mais je te garantis que je ne pleure pas. Ah ! non de foutre, non ! Je ne ressemble pas aux autres, et toi non plus, parce que nous ne sommes pas de la même espèce. Et la grande espèce, c'est la nôtre. Seulement nous sommes peut-être cent pour un million de culs."


Lucien Rebatet, Les deux étendards, Gallimard, 1951, p. 19

vendredi 12 novembre 2010

vendredi 5 novembre 2010

Mishima Yukio


L'honnête homme ira de ce pas se renseigner sur la vie chevaleresque de l'ami Mishima. Il pourra ensuite, par exemple, se tourner vers des textes comme Ken (dans Pélerinage aux trois montagnes, Gallimard, 1998) ou La lionne (dans Une matinée d'amour pur, Gallimard, 2005) pour un bref aperçu.