Voyons ces quelques-uns qui, ayant identifié certaines laideurs (laideur de la grosse Josiane en maillot, laideur du commercial en quatre fois quatre, laideur du petit Kylian et de sa bouée), croient savoir emprunter les chemins de traverse. Voici par exemple les coquelets qui conchient le beauf et son pavillon rose pâle mais qui... croyant y échapper se précipitent dans on ne sait quel grand hôtel, dans on ne sait quel restaurant cher, on ne sait quel "très bel endroit". Foutaise !
Vous travaillez dans la publicité, ou chez Canal Plus, ce qui revient au même, vous faites dans la finance, le commerce dit "international" et vous pensez autorisés à vomir sur la grosse Josiane ; la grosse Josiane est pourtant, à tout bien envisager, votre créature, c'est à dire le produit-type du système pour lequel vous pédalez. Il vous faut de beaux vêtements, et des lieux chics où snobinarder, alors : téléphonie mobile, horreurs immobilières, marketing, tous les moyens sont bons qui ne reposent cependant que sur un seul pilier : la grosse Josiane. La grosse Josiane en effet pour acheter toutes les saloperies que vous mettez sur le marché, mais la grosse Josiane également pour nettoyer votre chambre d'hôtel, servir votre plat au restaurant, laver les chiottes de votre avion tout-confort.
Quiconque, pour fuir les éléphants puants des bords de mer, recourra au luxe et au petit personnel, sera donc à considérer comme un traître à la cause. L'honnête homme est bien plus à la hauteur. Il s'en va à la plage quand il pleut, quand les bataillons de gras du bide sont au musée du coquillage. Ou après sept heures du soir, quand ce bon vieux soleil est encore généreux mais que nos contemporains préfèrent - c'est leur choix...- se précipiter dans les embouteillages. Il visite les villes de nuit, quand Mélanie et Stéphane regardent Dexter. Il emporte partout avec lui ses propres boissons apéritives, et fuit autant que faire se peut les terrasses à quinze écus le demi. Mais surtout : il respecte l'homme qui travaille, il n'a pas besoin, c'est là sa grande force, ni d'esclaves ni de zigouigouis manufacturés.
S'effrayer, donc, de la hideur de notre modernité moderne, certes, mais jamais en mauvaise compagnie. Le lectorat d'Ilys, de Libération ou du Figaro Magazine (ce qui une fois de plus revient exactement au même) est encore en dessous, bien en dessous de cette bonne grosse Josiane... A l'honnête homme de travailler à ce que son niveau monte.
