Notre comité central reçoit, depuis quelques semaines, des torrents de lettres inquiètes. Nos militants veulent, en substance, savoir : que faire ? Et de se demander très souvent si, oui ou non, il faut assassiner Henri-Bernard Lévi pour que cesse enfin de se couvrir de honte notre pauvre vieux pays.
La réponse est mille fois non. Pour difficile à supporter que ce soit, il ne faut en aucun cas assassiner Henri-Bernard ; une telle maladresse lui conférerait un statut de martyre qui le rendrait encore plus nuisible, encore plus horripilant mort que vivant. Il faut, avec calme et patience, continuer de le couvrir de tomates pourries, faire de son nom une insulte, lui envoyer nos excréments par la poste.
Il faut aussi, et avec plus de patience encore, botter les fesses de la Grosse Josiane, de Marie-Béatrice, de l'oncle Patrick et de Monsieur Dusnob ; les désintoxiquer.
C'est dire, messieurs, s'il y a du pain sur la planche.
