samedi 22 janvier 2011

Violence bien tempérée


L'honnête homme, cela va sans dire, répugne d'ordinaire à toute violence. Les vociférations agressives des ivrognes du vendredi soir le navrent avant tout, et il a soin de s'en détourner.

Cependant, ayant consulté les plus prestigieux grimoires, il sait quelle est, dans certains cas extrêmes, sa loi. Il n'est pas de ceux qui, un voleur tentant de leur lester les poches, cherche à savoir si le pauvre bougre est né ou non dans le ruisseau. Il se doit, au contraire, de trancher.

Qu'un audacieux s'introduise chez lui à la nuit tombée pour voler ses bas de laine, il n'aura qu'une sentence : le sabre, le couteau à pain, la défenestration.

Qu'un gluant prédateur pose ses mains sur sa douce-aimée : un hachoir, et que soient coupées -oui, coupées - les vilaines mains.

Qu'on touche, enfin, au premier poil de ses animaux de compagnie, et l'honnête homme aura quartier libre. Il pourra au besoin utiliser son véhicule italien et traîner l'adversaire sur 80 kilomètres d'autoroute.

Il n'oubliera cependant pas d'aller, en fin de course, prier au fond d'une chapelle. Et Dieu dans son infinie mansuétude saura très certainement l'absoudre de ses péchés.