Levés de grand matin, ils chevauchèrent leurs bicyclettes et s'en furent sur la route. Trois kilomètres, peut-être quatre, pour qu'enfin fût la mer.
La plage, déserte, à perte de vue ; pas l'ombre, aussi loin qu'ils pouvaient regarder, d'un importun. Ils se déshabillèrent alors, et plongèrent dans l'eau froide qui leur tourna les sangs.
Le plus agréable était de nager sous l'eau, de sentir à ses tempes battre le glacé des vagues, de remonter à la surface, puis, s'étant essuyé les paupières, de plaquer en arrière ses cheveux alourdis par le sel.
Ils coururent finalement vers le sable, se séchèrent et rentrèrent par les chemins de cailloux jusqu'au frais du logis.
Là, jouirent d'un verre de vin blanc et d'un peu de fromage et de pain, s'assirent sur le seuil, fermèrent les yeux, se reposèrent au soleil.
L'hiver était derrière eux.
