mercredi 4 novembre 2009

Au revoir Berlin


Savoureux automne. Ouvrir un journal, écouter la radio, s'informer devient de plus en plus pénible à l'homme sensible. Pénible, là où il est temps de croire qu'il n'y a plus à lire et à entendre que des salopards ou, au mieux, des rois nus gâteux, pétris de bonne morale et qui glosent. Et qu'on paye pour gloser !

A moi Rome qui brûle ! Les ignorants qui s'en régalent, le règne Coca-cola-de-Bosca. Et les vieilles catins de France Inter qui discutaillent du haut de leur perchoir tandis que les rats étouffent. Rats ! Nous étouffons ! Et pourtant ! La berceuse qu'on nous siffle ... L'arsenal médiatique endémolien et les intellectuels à imperméables gris se sont mis d'accord pour nous chanter Berlin, anniversaire oblige.

Qu'elle était laide, la dictature, qu'il est serein le monde libre ! Force anecdotes, s'il vous plaît, force anecdotes et la preuve sera faite chaque jour qu'Ici et Maintenant, Ici, messieurs, et Maintenant, sont les seuls périmètres. Les seuls Mondes Meilleurs, les seuls Paradis. Et on vous prouvera que par delà les âges, les milliers d'années d'humanité, il n'est pas d'autre temps que le notre, on vous le prouvera ! Et on vous montrera que par dessous les mers, jusqu'au Soleil et sur tous les continents, il n'est pas plus douillet que le nid qu'on s'est fait, on vous le montrera !

Rions de Berlin Est, mes frères, et régalons-nous de nos vies confortables ... Quel infâme pays, juste à nos portes, où point ne chantaient les Beatles. Où, paraît-il, on pourchassait les intellectuels ...

J'entends, mes bougres, les frissons que vous aimez vous faire, j'entends feue votre peur de l'Est. Et vous avez raison, car ainsi le poussin qui de justesse a échappé au renard se blottit sous la poule ! Comme vous avez raison de souffler, de vous remettre, d'essuyer de la sueur. Allez chanter partout l'air de l'échappée belle !

Parce que c'est sûr, intellectuels à imperméables gris, publicitaires et gros badaboums, que vous n'auriez pas été biens dans ce Berlin là.

Et puisqu'à présent la question vous brûle les lèvres, moi, moi je vais vous le dire ... Berlin Est m'aurait plu, je m'y serais trouvé tout à fait à mon aise.

Tout à fait à mon aise, c'est la vérité même.

On m'aurait certainement donné quelque haut poste militaire, j'aurais porté bottes, revolver et képi. Le pas noble, l'allure sportive, j'aurais déambulé dans les couloirs d'une administration sans faille, et, d'un coup de stylo plume, j'aurais joué ma musique. Celle, mais vous le savez bien, qui vous aurait envoyé, publicitaires et intellectuels à imperméables gris, vous faire les muscles dans le Grand Nord ... Celle qui vous aurait trouvé un vrai travail !

Mais passons, puisque c'est à vous de jouer et que votre musique à vous vous fait dîner en ville.

Allez ... l'Histoire c'est à peu près cela : à chacun sa musique et à chacun son tour.

4 commentaires:

ctoileblog a dit…

ça donne envie les fêtes au politbüro entre VOPO : "on s'ouvre une bouteille de Cricova camarades !Un bon vin mousseux moldave... Profitez-en il est bien tiède !"

Amiral Potiron a dit…

Camarade, je ne vois pas ce que tu as contre le vin moldavde, surtout tiède !

ctoileblog a dit…

Le vrai est réservé à la nomenklatura !Celui-ci n'a de cricova que le nom, il s'agit en fait d'une "cuisse de bergère moldave" dont je tairais le processus de vinification.

Amiral Potiron a dit…

Camarade, la "cuisse de bergère" est un très bon breuvage, mais savoir l'apprécier est un secret d'esthète que je veux bien te confier : il faut en boire des litres. Au bout de la quatrième bouteille, les grands Bordeaux n'ont qu'à aller se rhabiller.